L'essentiel
- La résidence permanente (PR) est un statut, pas un visa : un certificat de résidence valable sans limite de durée, qui met fin aux extensions annuelles. Base légale : chapitre 5 de la loi sur l'immigration de 1979.
- Quota : 100 personnes par pays et par an au maximum, fixé chaque année par annonce au Royal Gazette. La fenêtre de dépôt 2026 (quota 2568) est close depuis le 3 avril.
- Condition commune : un visa Non-Immigrant avec des extensions annuelles de séjour totalisant au moins 3 ans consécutifs au jour du dépôt — puis relever d'une des catégories officielles : investissement, travail, raisons humanitaires (famille d'un Thaïlandais ou d'un résident), expertise. Il n'existe aucune catégorie retraite.
- Frais : 7 600 THB au dépôt, non remboursables ; 191 400 THB à la délivrance du certificat (95 700 THB pour le conjoint ou l'enfant mineur d'un Thaïlandais ou d'un résident permanent).
- La nationalité vient après : la naturalisation exige en pratique 5 ans comptés depuis le certificat de résidence permanente — sauf pour le mari d'une Thaïlandaise, dispensé de cette condition.
Retraité en Thaïlande : ce statut ne vous est pas ouvert
Les années passées sous extensions retraite ne mènent ni à la résidence permanente ni à la nationalité, quel que soit leur nombre. Ce n'est pas une question de décompte : la notification de la Commission de l'immigration du 26 décembre 2003, toujours en vigueur pour le cycle 2026, ne prévoit tout simplement aucune catégorie de dépôt pour la retraite. Un retraité ne peut déposer que s'il relève d'une autre catégorie — le cas réaliste étant le conjoint d'une personne thaïlandaise, via la catégorie humanitaire. Le séjour du retraité reste donc l'extension annuelle, renouvelée à vie : le détail est sur la page visas Thaïlande et, pour le dépôt bancaire, dans 2 mois ou 3 mois de dépôt.
Qui peut déposer : les catégories officielles
Condition commune à tous les dossiers (clause 1.1 de la notification de 2003) : détenir un passeport avec un visa Non-Immigrant et avoir été autorisé à séjourner par extensions annuelles pendant au moins 3 ans consécutifs au jour du dépôt. S'y ajoutent l'entretien en thaï — parler et comprendre la langue (l'instruction prévoit une phase d'évaluation du parlé-écouté de 90 jours) — et les vérifications de casier. Chaque catégorie exige ensuite ses propres justificatifs, qui supposent d'avoir déjà passé deux à trois ans dans la situation correspondante :
| Catégorie | Conditions principales (notification du 26/12/2003) |
|---|---|
| Investissement | Au moins 10 millions THB apportés de l'étranger, attestés par une banque en Thaïlande, placés en société, obligations d'État ou valeurs approuvées ; preuve de détention à fournir chaque année pendant 3 ans après l'obtention. |
| Travail — dirigeant | Poste de direction avec pouvoir de signature depuis au moins 1 an dans une société au capital d'au moins 10 millions THB ; revenu d'au moins 50 000 THB/mois pendant 2 ans, déclarations fiscales à l'appui. |
| Travail — salarié | Permis de travail depuis au moins 3 ans consécutifs, dont 1 an chez l'employeur actuel ; revenu d'au moins 80 000 THB/mois pendant 2 ans, ou un impôt sur le revenu payé d'au moins 100 000 THB par an pendant 2 ans. |
| Humanitaire (famille) | Conjoint, enfant ou parent d'un ressortissant thaïlandais ou d'un titulaire de la PR. Pour le conjoint d'un(e) Thaï(e) : mariage enregistré depuis 2 ans (5 ans sans enfant commun ni certificat médical d'infertilité) et revenu d'au moins 30 000 THB/mois sur 2 ans avec preuves fiscales — variante où le soutien vient d'une personne âgée : demandeur d'au moins 50 ans au dépôt, mariage enregistré depuis au moins 2 ans, et un soutien d'au moins 65 000 THB par mois en moyenne sur 2 années consécutives. |
| Expert | Diplôme au moins de niveau licence, compétence certifiée utile au pays, au moins 3 ans consécutifs dans la fonction. |
| Cas spéciaux | Appréciés au cas par cas par la Commission. |
L'investisseur apportant au moins 10 millions THB peut par ailleurs être admis hors quota, dans la limite de 5 % du quota annuel (article 43 de la loi). Pour la voie salariée, le permis de travail et ses conditions sont détaillés dans travailler en Thaïlande.
Quota et calendrier : 100 par pays, une fenêtre par an
L'article 40 de la loi sur l'immigration plafonne les admissions à 100 personnes par pays et par an (50 pour les apatrides), le chiffre étant fixé chaque année par annonce publiée au Royal Gazette. La dernière, pour l'année 2568 (2025), a été publiée le 26 février 2026, signée par le Premier ministre et ministre de l'Intérieur ; la fenêtre de dépôt correspondante allait du 9 mars au 3 avril 2026 et est donc close. La cadence observée : annonce du quota en début d'année civile, fenêtre de dépôt de quelques semaines peu après — elle varie chaque année (5 mars - 15 mai en 2025). Si vous visez le prochain cycle, surveillez les annonces de l'Immigration Bureau en début d'année.
Le dépôt se fait en personne : à Bangkok auprès de la Sub-Division 1 de l'Immigration Division 1 (Government Complex, Chaengwattana, bâtiment B, 2e étage, comptoir D, Lak Si), en province au bureau d'immigration local.
Frais et procédure : longue, payante et discrétionnaire
- 7 600 THB par demande au dépôt — le texte officiel précise qu'ils ne sont pas remboursés, que la permission soit accordée ou non.
- 191 400 THB à la délivrance du certificat de résidence, ramenés à 95 700 THB pour le conjoint ou l'enfant mineur (moins de 20 ans) d'un ressortissant thaïlandais ou d'un résident permanent — l'enfant majeur paie le plein tarif. Barème du règlement ministériel n° 27 (2003).
- Aucune durée d'instruction n'est publiée : le document officiel de l'Immigration Bureau indique expressément que le délai varie chaque année. Pendant l'instruction, le demandeur reçoit des extensions de séjour de 180 jours renouvelées jusqu'à la décision.
- La décision est discrétionnaire : autorisation de la Commission de l'immigration avec approbation du ministre de l'Intérieur et du Premier ministre. Un dossier remplissant toutes les conditions peut être refusé, et la décision est définitive.
Garder son statut : attention à la sortie du territoire
Le certificat de résidence est valable sans limite de durée (article 48 de la loi), mais il devient caduc dès que son titulaire quitte le royaume sans les deux formalités ci-dessous. Dans l'ordre :
- Avant chaque départ, au guichet de l'immigration, en une seule visite : l'endorsement de sortie-retour (formulaire TM.13, 1 900 THB, valable un an, sorties et retours illimités pendant cette période, article 50) et le visa « non-quota immigrant » (formulaire TM.22, 1 900 THB pour une entrée, 3 800 THB pour plusieurs entrées dans l'année).
- Pièces pour les deux dossiers : passeport, certificat de résidence, livret d'étranger délivré par le commissariat, photo 4 x 6 cm de moins de six mois.
- Revenir avant l'échéance de l'endorsement. Le re-entry permit TM.8 ne concerne pas le résident permanent : il est réservé aux séjours temporaires.
Régularisation, une seule fois. Parti sans le visa non-quota mais rentré avant l'échéance de l'endorsement : le visa peut encore s'obtenir au retour (1 900 THB, une douzaine de jours ouvrés, entretien sur les motifs du voyage), et cette demande rétroactive n'est accordée qu'une fois. Parti sans endorsement, ou rentré hors délai : article 51, nouvelle demande devant la Commission, motif à l'appui — la résidence n'est pas retrouvée de plein droit. Le résident permanent reste inscrit au registre du logement : sur les documents du quotidien, voir la Pink Card.
La naturalisation : devenir Thaïlandais après la PR
La loi sur la nationalité de 1965 (article 10) pose cinq conditions : être majeur, de bonne conduite, avoir une profession, un domicile continu en Thaïlande d'au moins 5 ans jusqu'au dépôt, et connaître la langue thaïe. La loi ne mentionne pas la résidence permanente, mais les lignes directrices du ministre de l'Intérieur du 14 octobre 2009, appliquées par la police (Special Branch), comptent les 5 ans à partir du certificat de résidence : pour un Français, 3 ans d'extensions, puis la PR, puis 5 ans, puis le dossier — sauf voie conjugale (section suivante).
Ce que le dossier exige
- Revenus : 80 000 THB par mois, ou 40 000 THB avec un lien avec la Thaïlande (conjoint ou enfant thaïlandais, diplôme du supérieur obtenu sur place), avec des preuves d'impôt sur 3 ans ; ou, à la place, un impôt sur le revenu d'au moins 100 000 THB par an pendant trois ans (50 000 THB avec l'un de ces liens). Attestations de profession et de revenus dans tous les cas (fiscalité en Thaïlande).
- Au moins 50 points sur la grille annexée aux lignes directrices, non publiée officiellement ; les répartitions « sur 100 » qui circulent viennent de sources secondaires.
- Le thaï et les hymnes : parler et comprendre la langue, chanter l'hymne national et l'hymne royal, en entretien devant une sous-commission à Bangkok ou un groupe de travail provincial.
- Une déclaration d'intention de renoncer à sa nationalité d'origine, déposée à l'ambassade du pays. La France admet la plurinationalité et n'exige aucune renonciation ; mais l'article 19 de la loi thaïe permet de révoquer la nationalité du naturalisé qui utilise encore son ancienne nationalité ou vit hors de Thaïlande plus de 5 ans.
- Frais : 5 000 THB (Special Branch, relevé de mai 2026, règlement de 1967) plus 100 THB d'empreintes ; plafond légal de 10 000 THB depuis 2008, qu'un projet de règlement approuvé en principe en janvier 2022 prévoit d'atteindre, non publié au Royal Gazette.
Dépôt à la Special Branch à Bangkok (centre de services nationalité, Soi Vibhavadi Rangsit 27) ou à la police provinciale ; puis comités de filtrage, décision discrétionnaire du ministre de l'Intérieur, assentiment royal, serment et publication au Royal Gazette, qui seule rend la nationalité effective. Le logigramme officiel de 2012 totalise 730 jours, valeur indicative.
Le cas du conjoint d'un(e) Thaï(e) : deux voies très différentes
Femme étrangère mariée à un Thaïlandais
La loi lui réserve une voie propre, hors naturalisation : l'article 9. Le texte ne fixe aucune condition — tout est à la discrétion du ministre — mais la pratique officielle exige un mariage enregistré depuis au moins 3 ans (1 an avec un enfant commun), un revenu du mari d'au moins 20 000 THB/mois (le revenu de l'épouse peut s'y cumuler), l'impôt de l'année écoulée et quatre témoins de la vie commune. La résidence permanente n'est pas exigée. Frais symboliques : 5 THB, plus 100 THB d'empreintes.
Homme étranger marié à une Thaïlandaise
L'article 9 est réservé aux femmes — la Cour constitutionnelle a validé cette différence en 2003. Le mari passe donc par la naturalisation de l'article 10, mais l'article 11(4), ajouté en 2008, le dispense du domicile de 5 ans et de la condition de langue : pas de résidence permanente à obtenir d'abord. Restent exigés : la majorité, la bonne conduite, une profession avec permis de travail et un revenu d'au moins 40 000 THB/mois justifié par 3 ans d'impôts, un mariage enregistré depuis au moins 3 ans (1 an avec enfant commun) d'après la grille ministérielle diffusée en 2012 — à confirmer au dépôt —, les 50 points, la déclaration de renonciation et toute la procédure jusqu'au Royal Gazette. Pour le mariage lui-même, enregistrement à l'amphoe et transcription comprises : se marier en Thaïlande.
Questions fréquentes
Un retraité peut-il obtenir la résidence permanente ?
Pas par la retraite : aucune catégorie de dépôt ne la couvre. Il ne peut déposer que s'il relève d'une autre catégorie — typiquement comme conjoint d'une personne thaïlandaise, via la catégorie humanitaire, avec ses propres seuils de revenu.
Combien coûte la résidence permanente ?
7 600 THB au dépôt, non remboursables, puis 191 400 THB à la délivrance du certificat — 95 700 THB pour le conjoint ou l'enfant mineur d'un Thaïlandais ou d'un résident permanent.
La PR se perd-elle si on quitte le pays ?
Elle devient caduque à la sortie sans endorsement préalable (formulaire TM.13, valable un an, 1 900 THB) ou si le retour a lieu hors délai : il faut alors redéposer une demande, sans droit acquis. Le visa « non-quota immigrant » (formulaire TM.22) se demande avant le départ lui aussi, dans la même visite.
Faut-il renoncer à la nationalité française ?
Le dossier exige une déclaration d'intention d'y renoncer, déposée à l'ambassade. La loi thaïe ne retire pas automatiquement la nationalité d'origine, mais peut révoquer la nationalité thaïe en cas d'usage persistant de l'ancienne. La France, elle, autorise la plurinationalité.
Le mari d'une Thaïlandaise doit-il d'abord être résident permanent ?
Non : l'article 11(4) le dispense du domicile de 5 ans et de la langue. Restent le permis de travail, un revenu d'au moins 40 000 THB par mois prouvé par une attestation de salaire et au moins 3 ans d'impôts — ou, à défaut, un impôt sur le revenu d'au moins 50 000 THB par an sur ces trois années —, plusieurs années de mariage enregistré et la procédure discrétionnaire complète.
Sources
- Loi sur l'immigration B.E. 2522 (1979), chapitre 5, articles 40 à 52 : texte thaï et traduction anglaise de la Royal Thai Police (seul le thaï fait foi).
- Quota 2568 : annonce au Royal Gazette du 26 février 2026 (vol. 143, partie spéciale 52 ง).
- Ouverture des dépôts 2568, notification de la Commission de l'immigration du 26 décembre 2003 et barème des frais (règlement ministériel n° 27, B.E. 2546) : PDF et pages officielles de l'Immigration Bureau.
- Loi sur la nationalité B.E. 2508 consolidée (amendée jusqu'en 2012), texte officiel Krisdika ; loi n° 4 B.E. 2551 et son barème annexé, Royal Gazette du 27 février 2008 (vol. 125, partie 39 ก), scan officiel relu le 12 août 2026.
- Fiches de procédure du Special Branch Bureau (mai 2026), lignes directrices ministérielles du 14 octobre 2009, mémorandum du Conseil d'État n° 376/2565, grille ministérielle par article diffusée en 2012.
- Double nationalité côté français : service-public.gouv.fr.
- Relevé du 12 août 2026 ; quota, fenêtre de dépôt et lignes directrices se revérifient à chaque cycle annuel.






